Buvons à tous les hommes qui travaillent à perdre leur gagne-pain.

Frederic Brown, Une étoile m’a dit

Ma ville numérique

C’est de saison alors ces derniers jours j’ai réfléchi un peu à la place du web — et du numérique — dans la ville.

En observant l’efficacité et la profondeur des stratégies numérique des collectivités locales que j’ai pu croiser dans ma vie, j’oscille allègrement entre rire et atterrement.

Pour résumé (avec, je l’avoue, un peu de caricature), on a :

  • un site web fourre-tout (souvent pas très bien conçu et non accessible) ;
  • des qrcodes pour les touristes ;
  • des écrans tactiles un peu partout dans la ville pour … on ne sait pas.

Il n’est pas question de faire du numérique la priorité numéro un, mais je trouve ça un peu léger. D’autant qu’avec un peu de réflexion et de bonne volonté, le numérique pourrait participer de façon transversale à l’effort global de la collectivité territoriale.

Le constat

Le numérique est au mieux méconnu, souvent incompris, et dans le pire des cas il fait peur. À l’échelle locale, cela se caractérise souvent par une politique numérique inexistante, et une utilisation purement axée sur la communication.

Et c’est quand même dommage car c’est une attente des citoyens — “90% des Français considèrent que le développement des services numériques et des nouvelles technologies contribue à leur simplifier la vie au quotidien” (source JDN) — qui ne coûte pas cher au vu des bénéfices que l’on peut retirer à plusieurs niveaux.

Encore faut-il prendre la question dans le bon sens. Le numérique n’est pas une fin en soi, mais offre des outils pour accompagner, voire accélerer, les changements nécessaires des relations entre les citoyens et leurs élus/administrations. Il est urgent d’annihiler le fossé qui existe entre les élus et le peuple, de restaurer la confiance et d’impliquer tout le monde dans le débat public. Il y a du travail, des deux côtés.

Je suis convaincu que les outils numériques sont indispensables (bien que non suffisants) à cette évolution.

Propositions concrètes

L’ensemble des propositions ci-dessous n’a qu’un seul but, remettre l’action publique au service de la cité ; restaurant ainsi légitimité et confiance envers les fonctionnaires et les élus.

1. Un portail du quotidien

Le premier rôle d’une municipalité c’est d’organiser et de faciliter la vie quotidienne des habitants. Pour cela elle est en charge de formalités administratives, elle gère et organise des services publics, elle offre des services. L’intégralité des services qu’elle rend à sa population peut se faire, tout ou partie, en ligne.

La première pierre d’une ville numérique est donc la mise en place d’un portail municipal principalement orienté vers l’exécution des tâches quotidiennes des administrés.

Pour que cela soit plus clair, visitez le site de la ville de Manchester, qui par son approche très orientée “vie quotidienne”, tranche énormément avec les sites web “fourre-tout” que l’on a l’habitude de voir.

2. Une plateforme collaborative de démocratie directe

Internet à une faculté révolutionnaire, celle d’abbatre bon nombre de barrières. Ce qui m’intéresse ici, c’est sa capacité à abolir toute les problématiques d’éloignement temporelle et géographique. Depuis ses débuts il permet l’échange et le débat entre personnes qui ne sont pas au même endroit physiquement et qui ne sont pas disponible au même moment.

Hors tout autre considération, un des freins à la participation du peuple au débat est la difficulté de réunir tout le monde au même endroit et de mener un débat serein et productif. Débattre à 50 000 c’est pas pratique, où pourrait on se réunir d’abord ?!

Considéré du point de vue du web, un lieu ou chaque mois, 50 000 personnes lisent et contribuent au débat, ce n’est plus si irréaliste.

Le rôle de la municipalité est d’organiser ce débat publique permanent.

Il n’est évidemment pas question d’empêcher les élus d’avancer et de prôner la gouvernance par référendum permanent, mais de rendre un peu de noblesse au débat politique en ne le cantonnant pas aux périodes électorales durant lesquelles celle-ci prend un sacré coup.

La démocratie c’est le débat “de fond”, mais c’est également la gestion du quotidien. Cette plateforme doit permettre aux citoyens de faire remonter facilement les “petits problèmes” de la ville, et éventuellement de proposer des solutions. On concrétise alors l’idée du vivre ensemble, et on multiplie les cerveaux pour trouver des solutions nouvelles aux problèmes récurrents.

Encore une fois, c’est toujours la mairie qui juge de la faisabilité et de la priorité mais en collaboration avec les administrés.

3. Une politique dynamique d’ouverture des données publiques

S’il y a bien un sujet numérique à la mode parmi la classe politique c’est l’opendata.

En appliquant ce principe d’ouverture à l’échelle la plus proche des citoyens nous pouvons lui donner une réalité concrète, prouver son utilité économique, sociale et politique.

La municipalité doit mener une démarche active pour publier les données qu’elle possède dans un standard ouvert et utilisable.

L’opendata est à la fois une opportunité de développement économique, une preuve de transparence et une incitation à la réappropriation du bien commun par tous.

4. Un portail de transparence politique

Toujours dans l’optique de rendre la démocratie plus vivante et d’impliquer les habitants à la vie de la cité, toute la politique locale doit être documentée et publiée sur un portail dédié.

Celui-ci doit permettre à chacun d’accéder :

  • aux comptes rendus des conseils municipaux ;
  • au détail des votes publics de ces conseils ;
  • aux avis d’attribution des marchés publics ;
  • aux déclarations d’intérêts des élus ;
  • aux détails des subventions accordées.

Il n’y a derrière cette proposition aucune défiance envers les élus, mais un simple besoin d’information des citoyens. C’est, selon moi, ce manque d’information qui est le terreau de la défiance.

L’ensemble de ces informations doit être publié dans un format standard, ouvert et archivable.

5. Faire de l’éducation populaire au numérique une priorité

L’éducation numérique doit être une priorité pour tous. C’est dès aujourd’hui un facteur d’inclusion. Que ce soit sur le marché de l’emploi, dans le débat public ou de façon général dans la vie en société, la connaissance du numérique est indispensable.

Cela passe évidemment par une formation pratique aux outils, mais plus que cela, c’est la compréhension profonde des “concepts” qu’il importe de faire naître.

Entre les lois innadaptées, inapplicables et inneficaces et les révélations de Julian Assange et d’Edward Snowden, entre autres, on voit bien qu’internet change un monde qui ne s’y était pas préparé.

Comprendre les outils et ce qui se passe est la seule manière de construire le monde de demain plutôt que d’en avoir peur.

L’éducation a cet avantage qu’en dehors de connaissances et de temps elle ne demande pas de gros investissement. Dans le cas du numérique, on a la chance d’avoir une armée de gens passionnés et de nature partageuse qui n’attendent qu’une chose c’est de partager leur enthousiasme avec les autres.

On peut donc relativement facilement permettre à tous d’utiliser efficacement les outils aujourd’hui et leur permettre de comprendre ce qui arrive demain.

6. Préférer et promouvoir l’usage des logiciels libres

L’utilisation de logiciels libre et les standards ouvert doivent devenir la norme pour tous les services de la municipalité.

Richard Stallman, définie le logiciel libre par trois mots “Liberté, Égalité, Fraternité”. La république française devrait porter ce mouvement en étendard comme elle aime à le faire avec sa déclaration des droits de l’Homme.

En plus des considérations intellectuelles, importantes dans l’Histoire de notre pays qui depuis longtemps aime à “jouer” avec le poids des mots, le logiciel libre a des implications concrètes immédiates.

Il permet une meilleure maîtrise des coûts, il est au centre d’un pan important de l’économie où la concurrence n’empêche plus la coopération. Chaque acteur du libre avance dans le même sens, développant un bien commun toujours meilleur. Il remet le numérique au service des humains.

7. Bonus

La municipalité s’engage à respecter le Référentiel Général d’Accessibilité des Administrations en mettant en place une politique d’accessibilité web volontariste, qui peut par exemple se caractériser par une ambition datée de labellisation Accessiweb.

Et cela sans attendre que le gouvernement suive éventuellement la recommandation du conseil national du numérique qui conseille de rendre cette obligation contraignante.

Mise en oeuvre

Inclure pour impliquer

La mise en oeuvre d’une politique numérique locale nécessite d’impliquer tout le monde. A commencer par l’ensemble des services municipaux.

Pour gérer au mieux les résistances au changement et les incompréhensions, la mise en place de cette politique doit se faire de façon transversale, un directeur numérique étant à l’écoute et au service des autres services municipaux. Il faut que chacun comprenne que l’objectif est le même, rendre service mieux et plus facilement.

Le numérique ne doit pas être une fin en soi. Ce n’est ni de la communication, ni de l’informatique, c’est un outil de développement économique, de cohésion sociale, d’éducation, d’urbanisme, etc.

Il faut ensuite inclure les habitants dans cette démarche. Bon nombre de créateur du numérique (ou pas assez mais c’est un autre débat) n’ont qu’une obsession : créer des outils dont le seul objet est de satisfaire l’utilisateur. Pour cela il n’y a pas de miracle, il faut travailler dès le début et de façon durable avec l’utilisateur, c’est ce qu’on appelle la cocréation.

En plus de cette conception d’outils réalisés pour et avec les utilisateurs, la municipalité doit encourager et aider les projets citoyens cohérents avec la politique définie. Qu’il s’aggissent d’action d’éducation populaire, de sensibilisation ou d’utilisation des données ouvertes, la municipalité doit au moins faciliter et idéalement aider les porteurs de ces projets.

Du web pour le futur

Enfin, il doit être intégré par tous que le numérique, malgré son manque de réalité physique, n’en est pas pour autant éphémère. Toutes les publications doivent être pensées pour rester disponibles et consultables pour une période de plusieurs dizaines d’années.

Cela implique notamment une gestion de l’archivage numérique, techniquement et organisationnellement complexe que je ne vais pas développer ici.

Avant de s’engager dans des considérations techniques finalement assez accessoires, c’est bien la considération que l’on a d’une publication web qu’il faut changer.

On ne compte plus les refontes de sites web qui entraînent la disparition de contenus, voire la simple suppression de contenus parce qu’ils ne sont plus d’actualité. C’est une vision court-termiste qui ne considère pas la valeur historique des publications.

Le numérique nous offre la possibilité de conserver un nombre illimité de contenus. Puisqu’il nous est impossible de juger aujourd’hui de leur valeur historique, le plus prudent est de laisser les générations futures en juger.

Pour creuser le sujet, il est plus que conseillé de lire Un site web de 1000 ans de Karl Dubost.

Conclusion

Au risque de décevoir, je n’ai pas l’ambition de révolutionner ma ville avec le numérique. Je ne ressens pas le besoin irrepressible d’application en réalité augmentée, de wifi gratuit très haut débit partout, ou d’autres vraies innovations techniques.

Par contre je ressens le besoin de mettre le numérique au service de tous. Et comme il me semble que c’est aussi le rôle de la municipalité, associer les deux devrait permettre d’améliorer les performances de chacun sur le sujet.

Vivre au ralenti

Depuis quelques semaine, un peu par choix et beaucoup par la force des choses, ou la force des choses ayant précipité mon choix, ou dans le sens que vous voulez, je vis sans voiture. Je ne vis pas au milieu de la campagne, mais pas non plus à Paris ou dans une grande métropole, ce n’est donc pas une évidence.

Il faut aller au travail, relativement loin, avec des transports en communs plus qu’aléatoire, faire des courses, il faut aller acheter du pain, aller boire un verre, il faut réapprendre à se déplacer au quotidien.

Assez naturellement, j’ai choisit le vélo comme mode de transport principal.

Ce qui donne environ 20km par jour minimum, avec mon rythme de grand-père (oui même à moins de 30 ans) ça fait plus d’une heure par jour sur la route.

Si on oublie les moments où j’essaye de ne pas mourrir sous les roues d’un tracteur, j’ai donc pas mal de temps libre. En commençant à écrire cette note, je l’avais titré “Vivre sans voiture”, mais si ce sujet en lui même mérite un débat de société profond (que l’écologiste en moi sorte de ce corps), c’est la partie d’un tout qui me touche plus : vivre plus lentement dans une société qui veut aller toujours plus vite sans savoir où elle va.

Depuis des années je n’ai vécu que derrière un écran ou derrière un volan. Les rares moments “off” que je m’octroyais en vacances à la campagne, ou avec un livre sur le balcon étaient (sont et seront d’ailleurs) un vrai bonheur. Mais ils restent exceptionnels / non-réguliers.

Ces pauses quotidiennes où je ne peux pas aller plus vite et où je ne peux rien faire qu’attendre d’arriver sont une révélation pour moi. Le concept n’est pas nouveau, mais il me fallait ça pour me l’approprier.

À partir de dorénavant, je vais donc en partie ralentir ma vie, pour en profiter pleinement, pour retrouver le plaisir de m’ennuyer, pour avoir du temps de cerveau disponible pour rester créatif, pour imaginer et inventer.

Concrètement, j’ai pour l’instant deux idées précises, en plus de ma vie sans voiture.

Je vais reprendre la plume (dans un stylo moderne car je n’ai pas de plume d’oie mais j’étudierais peut-être l’idée) et pour communiquer avec mes proches je vais écrire des lettres, sur du papier, que j’enverrai par la poste.

La deuxième chose est beaucoup plus compliquée pour moi. Il s’agirait de me desintoxiquer de l’avalanche d’information que je m’auto-inflige, par twitter, par rss, par la presse en ligne et papier, par la radio et la télé, le monde, mediapart, le grand journal, les trolls, le gorafi, les débats, le petit journal, l’humour, l’infotainment, le …. STOP.

Comme il ne me parait pas possible de passer de beaucoup trop à juste l’indispensable, je vais commencer par tailler dans le surplus petit à petit. Je ne sais pas encore trop comment, ni quoi mais je vais le faire. Il y a trop de bruits autour des informations “essentielles”.

Et après ? Je vais creuser le concept, profiter de mes moments d’ennuis pour trouver des idées pour m’ennuyer encore plus souvent.

Le mythe de madame Michu

Je suis tombé récemment sur un article de Florent intitulé Quelques clichés à propos de l’utilisateur final / personas / Madame Michu. En parcourant son article, mon esprit divaguant, je me suis trouvé d’humeur trolleuse et lui ai répondu « Il serait aussi bon de rappeler que l’existence même de Madame Michu est à remettre en cause ».

Passé le simple esprit de contradiction je vais donc essayer d’expliquer pourquoi je suis plutôt d’accord avec moi-même.

Qui serait donc Madame Michu ?

Wikipédia à la rescousse :

L’homme de la rue est un terme servant à désigner une hypothétique personne de profil moyen représentant la société dans laquelle elle vit Madame Michu : du sexe opposé à l’homme de la rue, elle se rencontre plutôt au foyer que dans la rue.

Donc Madame Michu serait une personne représentative de l’ensemble des « ménagère de moins de 50 ans », chères à TF1.

Le web, un média « classique » ?

On utiliserait alors ce profil type très utilisé dans le marketing télévisuel depuis des dizaines d’années, pour parler des utilisateurs d’application web.

Soit.

On compare donc un profil type créé pour un média « passif », distributeur de temps de cerveau disponible, aux profils type dont on aurait besoin pour construire des applications web, qui nécessitent par définition un utilisateur actif – acteur de son usage d’internet, dans des contextes de plus en plus hétérogènes (mobilité, multitasking…)

Soit.

Enfin déjà là, même si Madame Michu à semble-t-il un intérêt pour beaucoup de gens, quand on parle de web, ça me parait moins évident.

Ça c’est pour la partie troll. Ce qui me gêne vraiment dans l’utilisation de cette expression, c’est la suite.

L’illusion du profil type

Construire une application web en pensant à Madame Michu c’est déjà mieux qu’en pensant à son porte monnaie ou à celui du payeur, mais c’est aussi passer à côté d’une chose essentielle : Madame Michu n’est pas l’utilisatrice de tous les services que l’on peut créer.

Et puis le cas échéant, les comportements et attente de Madame Michu, utilisatrice de toutes les applications du monde, ne changeraient-elles pas un peu selon son contexte d’utilisation (lieu, entourage…), son état d’esprit du moment, son besoin immédiat ?Pour qu’un profil utilisateur puisse servir à l’amélioration de l’application il doit être suffisamment détaillé pour nous apprendre tout ce qui est pertinent vis à vis de l’application concernée (relation à la marque, connaissances, contextes, scénarios…). On est bien loin de

Madame Michu, représentante de toute la société. On utilise alors les personas, des fiches d’identités complètes représentant les utilisateurs finaux du projet en cours (j’aurais probablement quelques trucs à vous dire sur le sujet prochainement ;)).

L’illusion de l’utilisateur niais

À ce stade je suis donc partiellement d’accord avec moi-même, dans le sens ou la notion de Madame Michu n’est pas utile lorsque l’on parle de web.

Mais en plus de ne pas servir à la construction d’applications, cette notion induit à mes yeux quelque chose oscillant entre snobisme et mépris.

Parler de Madame Michu quand on parle de web, c’est induire l’image de quelqu’un incapable d’utiliser un mulot, naviguant avec IE6 et 12 barres d’outils publicitaires et qui prendra au bas mots 12 fois plus de temps que vous pour effectuer une action.

Pas de débat, des gens sont dans cette situation. Mais notre responsabilité c’est de faire en sorte qu’il ne le soit plus, pas de les stigmatiser via une expression, je le répète, galvaudée par les vendeurs de temps de cerveau disponible.

Le manque d’éducation au numérique et au web est un fait, grave pour le futur de notre société, mais ce n’est pas en considérant l’ensemble des citoyens lambdas comme des attardés du numérique que l’on fera changer les choses.

Chacun à ses propres problèmes – liès à son manque de connaissance et à son individualité, et ce n’est qu’en définissant réellement ces problématiques et en y apportant des solutions pragmatiques que l’on définira un grand nombre de Madame Michu utile à l’amélioration de nos applications.

Pour conclure, en accord avec moi-même, je modifierais légèrement mon assertion à l’encontre du titre de Florent, je ne sais pas si Madame Michu existe ou non, mais ce qui est sûr c’est qu’il faut arrêter de l’invoquer à tout bout de champ et plutôt s’intéresser vraiment à elles (avec un s ;)).

La culture existera toujours, comme elle a existé bien avant que l’on décide de la monnayer comme un vulgaire produit de consommation.

Paul da Silva, Piratons la démocratie

Mon Paris-Web #2

Après une première visite l’année dernière c’est avec impatience et excitation que je suis arrivé (à l’heure et malgré les bouchons s’il vous plaît) à Paris Web 2012. L’année dernière je découvrais, tout, les conférences, l’ambiance, les bisounours participants, et je n’ai pas réussi à ressortir quelque chose de consistant pour vous en faire le debrief, cette fois c’est un peu plus clair.

Je ne vais pas vous faire le compte rendu des confs, vous trouverez ça ailleurs, et puis je n’arrive presque pas à relire les quelques notes que j’ai prises alors…

Leçon n°1 : Choisir la bonne conférence c’est dur, et je crois que je me suis trompé plusieurs fois.

Leçon n°2 : Il y a toujours des conférences absolument stupéfiantes à Paris Web (La drogue c’est mal, sauf quand tu viens parler de design ;))

Leçon n°3 : J’ai retenu une chose en mélangeant toutes les conférences que j’ai vu. Plus que jamais, le web et les technos en générale doivent se recentrer sur l’humain et le réel. C’est pas nouveau comme constat, c’est peut-être biaisé par ma sensibilité et/ou mes choix de conférences, mais c’est le message que j’ai retenu. Je n’invente rien : « Du réel au réel » / « Le jeu en vie » / « Les objets se font internet » / « The real me ». Et puis c’est aussi influencé par la suite…

Leçon n°4 : Paris Web ce n’est pas que des conférences.

Et c’est bien ça qui fait la différence avec d’autres évènements et c’est cela que j’ai mal compris ou moins bien ressenti la première fois. 2012, la fin d’un monde, l’année où j’ai commencé à ressentir le vrai sens de #sharethelove.

Nicolas « se plaint » du mode bisounours (cd / etc / etera : Mon dépuçelage de Paris Web), mais c’est (aussi) cela que beaucoup viennent chercher (moi par exemple). Je comprend que si on est pas dans le même état d’esprit on peut avoir du mal mais avec un peu de lâcher prise, le mode bisounours, tant qu’il est vécu avec honnêteté, est tellement nécessaire.

Ce qui réunit une grande partie des gens à Paris Web c’est des valeurs communes, un sens éthique commun1 et une grosse grosse envie de partager. Finalement, le web ce n’est peut-être qu’un prétexte. Un beau et vaste prétexte. Une base qui nous unit, mais on pourrait créer un Paris-Menuiserie ou un Paris-Baguette…

#sharethelove je l’ai compris en ressentant de l’empathie2 pour des orateurs stressés à mort, ou jetlagé puissance pikachu (ne cherchez pas de lien particulier, collision de neurones impromptue).

#sharethelove je l’ai compris en voyant/vivant ça :

Applaudissement LSF - Paris Web 2012

#sharethelove je l’ai compris pendant la mini-conf de Tanguy Lohéac, qui a présenté la journée d’une personne aveugle avec comme seul outil d’aide, un smartphone. Impressionnant, plein de respect et très responsabilisant.

#sharethelove je l’ai compris en voyant tellement de gens sourire, partout, tout le temps, c’est tellement rare.

#sharethelove je l’ai compris parce que je me sentais bien dans ce forum IBM.

Alors pour ça et pour tout ce que j’ai oublié, merci au staff si l’un d’eux tombe ici.

J’ai été moins marqué par les conférences que l’année dernière, mais définitivement, pour moi, PW2012 > PW2011 et je suis sûr que l’année prochaine ce sera encore mieux.

  1. L’éthique ne pouvant être commune à mon sens (une sombre histoire d’individualité et d’impact de l’expérience et de l’éducation de chacun sur la construction de cette éthique).

  2. Pour une définition plus précise de l’empathie, et un bon mind-blowing, voir la vidéo présentée par D.Sciamma : Transcendenz

Crédit Photo : @edas_live

La démocratie comme l’Internet ont pour vocation de donner la liberté d’expression au peuple en le contraignant le moins possible à leur fonctionnement

Paul da Silva, Piratons la démocratie

On se revoit en septembre et on en parle ;)

C’est l’été depuis une semaine, vous devez commencer à prévoir vos lectures pour ces grands moments d’activité sur la plage, au bord de la piscine, ou au boulot quand tout l’open-space est en congés sauf vous.

Comme je suis d’humeur partageuse en ce moment, voici quelques idées tirées de mes lectures plus ou moins récentes.

Voici donc 5 livres qu’il faut avoir lu avant la fin du monde, sinon aucun chaton ne survivra

#5 : Révolte consommée, le mythe de la contre-culture, Joseph Heat & Andrew Potter

Un essai très intéressant sur la société de consommation et l’histoire des mouvements « rebelles » au sein de celle-ci. La thèse avancée est que chaque mouvement « contre-culturelle » devient inévitablement un accélérateur du système capitaliste auquel il s’oppose. Ça frôle parfois le troll, mais sans jamais franchir la ligne et au final il ressort de cet essai une véritable analyse de la relation entre contre-culture et la société de consommation. À lire pour prendre du recul sur ces deux notions.

#4 : Undercover User Experience Design, Cennydd Bowles & James Box

C’est anglais mais plutôt simple à comprendre, et pas très long. Et comme son nom l’indique ça parle d’UX, et c’est plein de bonnes techniques pour faire de l’UX sans en avoir l’air – comme son nom l’indique toujours.

#3 : Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

Bon celui-ci n’est une découverte pour personne, mais ça fait jamais de mal de rappeler l’existence de cet indispensable. Si vous ne l’avez jamais lu courrez l’acheter, et si vous l’avez lu au lycée (ou au collège) et que vous n’avez pas aimé, réessayez… Un très bon roman pour s’initier à la dystopie. Il n’a pas pris une ride, c’est bien le signe des grands dans ce style littéraire.

#2 : De la simplicité, John Maeda

John Maeda est une star du design d’interaction. Aujourd’hui chercheur au MIT, il livre dans ce livre sa vision de la simplicité. Simple, efficace, tout en apportant énormément (KISS quoi). Un livre à lire si vous avez à voir, de près ou de loin avec des interfaces web.

#1 : Le successeur de pierre, Jean-Michel Truong

Mon coup de cœur de l’année, la grosse surprise, le livre acheté 1€ chez Emmaüs (vraiment) sans trop y croire et… dévoré en quelques jours. Le mélange entre l’intrigue théologique et la dystopie développée autour de l’enfermement et du Web est absolument passionnant. Amateur de dystopie, de théorie du complot, ou de l’impact du web sur la société et les êtres, ce roman ressemble furieusement à un must-read pour vous…

Voila, vous avez de quoi vous occuper un moment. Et n’hésitez pas à m’insulter si vous avez suivi mes conseils et que ça ne vous a pas plu :)

Moi je vous laisse, j’ai trouvé mon occupation pour les jours à venir

Non, je n’accrocherais pas ton site web dans mon salon…

De l’importance ou non de la beauté, et de l’oubli de l’ergonomie au profit des décors.

S’il y a une chose qui m’insupporte au quotidien, c’est d’entendre, à propos d’une maquette d’un site web, que « c’est beau » ou que « j’aime pas »… Franchement osef, c’est pas fait pour accrocher dans ton salon. Si, une fois pour toute, on pouvait se mettre d’accord pour arrêter de considérer que réaliser le rendu visuel d’un site c’est faire du graphisme, de l’infographie, du dessin, etc.

D’ailleurs c’est pour ça que le nom du métier c’est webdesigner ou designer d’intéractions et pas artiste-peintre ou graphiste.

Le terme « design » n’a rien à voir avec le simple aspect graphique. Le design d’un produit c’est comment c’est conçu, comment ça fonctionne, et comment ça séduit.

Je vais même citer Steve Jobs (c’est pour dire jusqu’où je suis prêt à aller pour vous convaincre) :

Design is a funny word. Some people think design means how it looks. But of course, if you dig deeper, it’s really how it works.

Tout est dit…

Le webdesigner c’est donc la même chose que l’iPhonedesigner, il doit creuser plus profond et définir comment ça fonctionne. Alors évidemment l’aspect esthétique est important mais c’est loin d’être le premier critère de jugement, principalement parce qu’il est par essence subjectif.

Ce qui ne l’est pas c’est l’adéquation du design avec les possibilités techniques du web, avec les utilisateurs finaux et leurs habitudes, leurs contextes d’utilisations… Ce qui ne l’est pas c’est la surcharge mentale induite par tout ces frous-frous, tout ces décors qu’on ajoute à une maquette de site web parce que « ça fait vide » ou « on dirait qu’il n’y a pas eu de graphisme de fait »…

On ne doit pas faire « joli » pour faire « joli ». Le webdesign doit servir les objectifs :

  • des utilisateurs finaux, leurs objectifs et leur expérience globale
  • de l’ergonomie
  • et des objectifs « business » de l’éditeur (image, commerce…)

Je rentrerai peut-être un jour dans les détails de ce que je considère être le métier de webdesigner, en attendant ça soulage ;)

Dataviz Euro 2012

La vie des gens qui font le web est hantée par un problème récurrent : comment présenter toutes ces informations dans 1000px², et surtout comment faire pour que ça soit simple, utilisable et utile.

Les gens de marca.com ont, après quelques probables mal de crâne et arrachages de cheveux, réussi un petit exploit, faire tenir tout un calendrier de l’Euro 2012 de football sur un seul écran. C’est en Flash (:( on peut pas tout avoir) et c’est interactif tout juste comme il faut.

A voir sur cette page : http://www.marca.com/deporte/futbol/eurocopa/2012/calendario.html

Calendrier Euro 2012 - Marca