Création culturelle, divertissement, et si on faisait enfin la différence ?

Le piratage des oeuvres culturelles est effectivement un fléau qui, non seulement porte atteinte aux droits légitimes des créateurs et des industries culturelles d’aujourd’hui, mais aussi fait peser une grave menace sur la création de demain.

Je pourrais parler de chaque mot de cette phrase, mais je vais concentrer sur la fin de celle-ci qui porte en elle une chose qui m’insupporte dans ce débat : « les industries culturelles ».

Les mots sont lancés et ont un sens. On parle d’industrie lorsqu’il s’agit de « produire des biens en série » et ceci induit la « division du travail » et la notion « d’économie d’échelle » et de « production de masse ». L’art et la création artistique sont un ouvrage artisanal, ce n’est pas pour rien que les deux mots « art » et « artisan » ont la même étymologie.

Le divertissement lui est une industrie a part entière qui peut avoir sa place dans notre société. Mais par pitié n’utilisons pas la trop grande proximité des deux mondes (l’art et le divertissement) pour défendre les droits voisins des industriels du divertissement. En appeller à la création de demain pour justifier la tentative de sauvetage d’une industrie qui ne cherche qu’a sauver son petit pré carré ne nous permettra jamais de trouver une solution viable pour que les artisans de la création puissent profiter de l’énorme opportunité que leur offre le développement des usages numériques.

Actons une bonne fois pour toute que l’industrie du divertissement a ses problèmes et que c’est son rôle de se réinventer. Ensuite la société civile et les gouvernements pourront travailler ensemble à la diffusion juste du patrimoine de l’humanité auquel participe les créateurs.

Je ne suis pas convaincu qu’on se souviennent éternellement des créations de Justin Bieber ou de Maxime Legrand qui Splouche pendant que je Primf (« splouche » aurait peut-être un rapport avec la première définition d’UrbanDictionnary ?!).

Le divertissement est un élément important de notre société et il n’y a aucun jugement de valeur ici, mais il est vital pour notre société de savoir reconnaitre un produit d’une oeuvre. Personne ne considère les tableaux produits en Chine et acheté à 5€ chez Ikea comme l’équivalent d’une toile peinte par un artiste, il faut faire la même chose avec la musique. L’art doit avoir une place à part dans notre société et dans les réflexions des gouvernements, il n’y a aucune raison pour que l’industrie du divertissement en bénéficie.

Bon si tu veux, mais on fait quoi pour les artisans ?

Je n’ai pas la réponse et j’en suis bien désolé mais finalement je crois que personne ne l’a complètement. Notamment parce que le débat est encore de savoir quelle est la solution pour les artistes et l’industrie du divertissement. Si l’on sépare les deux problèmes et que l’on se concentre sur les premiers, des idées germent, des usages naissent… Une solution se trouve peut-être dans le projet de Paul Da Silva… Il y a certainement plein d’autres personnes avec des idées et les capacités de les développer, il manque juste un peu de volonté politique et sociétale pour inventer le monde de demain.

On entend souvent que les majors servent à faire connaitre, à prendre des risques parce qu’un disque ça coute cher… Oui, mais non. Cette réflexion est celle de l’ancienne économie et de l’ancien monde. Internet change le monde et ceux qui ne s’adaptent pas mourront c’est inéluctable.

Allez chiche on se met d’accord pour vraiment aider les artistes et on s’y met tous ?!