Pêle-mêle autour du web mobile

Après le web 2.0 et ses nuages claqués dans toute bonne charte graphique qui se respectait, le web se dirige doucement vers une nouvelle (r)évolution.

Un peu d’histoire…

En février 2010 (autant dire il y a déjà une éternité) Eric Schmidt (l’ancien CEO de Google) s’exprimait en ces terme au Mobile World Congress : « Mobile first in everything. Mobile first in terms of applications. Most first in terms of the way people use things. »

Le concept de « Mobile First » me semble aujourd’hui une approche primordiale pour la réalisation de services ou de sites web qui répondront aux besoins utilisateurs et qui auront donc toutes les chances de connaitre le succès.

J’affirme cela pour deux raisons, d’abord le développement des usages mobiles, puis la modification bénéfiques des approches de conception, de design et de développement.

Sans stratégie mobile point de salut

Les usages et les usagers du web mobile sont en pleine expansion. Il est acquis pour tous que la présence sur mobile est – ou deviendra à très court terme – indispensable comme l’est celle sur le web aujourd’hui.

Les études récentes donnent un peu le tournis (on compte par exemple 14 millions de « mobinautes » en France (taux de pénétration 27%) et près de 2/3 d’entre eux se connectent quotidiennement). Et les chiffres des études prospectives sont encore plus hallucinants. On est face à de nouveaux usages généralisés, à un mode de consommation qui est totalement différents de ce que l’on connait pour le web « fixe » (attentes, besoins, objectifs, lieux, contextes) et à des devices hétérogènes.

Aujourd’hui il parait donc nécessaire de développer une présence multiplateforme cohérentes. Pour cela plusieurs combinaisons sont possibles :

  • Site web application iPhone/iPad => On vient instantanément d’oublier environ les 25% des possesseurs de smartphone qui sont sous Android ;)
  • Site web application iPhone/iPad/Android => Ça peut couter cher à force ;)
  • Site web version mobile => Je préfère mais on peut encore faire mieux…

HTML5 et CSS3 pour un meilleur web

Les applications natives ça roxent mais ça coute un peu d’argent quand même et il faut communiquer autour de ce nouveau support. Développer une nouvelle version du site c’est pas mal, mais là encore ça fait du développement en plus. Le web n’est plus réservé aux ordinateurs couteux et encombrants qui font des bruits bizarres en se connectant (souvenez-vous).

Aujourd’hui le web c’est sur un PC, sur un smartphone, sur une tablette, sur une télé… voire sur un frigo, dans ma main ou via un lapin qui parle…

Les utilisateurs ne doivent pas avoir à se demander si tel ou tel site/service web est accessible avec son iPhone (ou s’il doit chercher une application), si les vidéos de recettes du site lesrecettesquidechirent.fr s’afficheront bien sur son iPad ou s’il pourra lire les derniers articles du Monde sur sa télé pendant la pub.

Le développement de tous ces appareils connectés est absolument passionnant, notamment pour toutes les opportunités qu’il offre à l’internet des objets, mais il doit également être pris en compte dans la conception des sites/services web aujourd’hui.

Les technologies dans les mains des développeurs et intégrateurs web permettent dès maintenant de construire des applications web totalement « cross-device ». Nous avons tout à disposition pour faire du web un environnement unique et utilisable depuis n’importe quel appareil. Je ne vais pas rentrer dans les explications techniques – je serais bien incapable de faire ça de façon exhaustive et satisfaisante – mais je vous conseille de jeter un œil à cette gallerie de sites web qui s’adaptent « en live » à la fenêtre de visualisation (redimensionnez votre navigateur vous verrez :)) HTML5 permet également le stockage des données en local pour une consultation offline, la géolocalisation via le navigateur et une multitude d’autres choses qui font de ce « vieux » langage de balisage le truc hype du moment et probablement un des acteurs important d’une nouvelle révolution du web.

Mobile-first

Le fait de pouvoir être présent sur tous les terminaux imaginables en un seul développement n’est pas le seul avantage de ce développement d’un « web unique ».

Concevoir son application web d’abord pour le mobile permet de se concentrer dès le début sur ce qui est important. On s’oblige à identifier les fonctionnalités/informations clés, les fonctionnalités/informations nécessaires et les fonctionnalités/informations secondaires. L’application se concentre alors sur l’atteinte de l’objectif de l’utilisateur et sur la réponse à un besoin puisque l’espace disponible à l’écran sur ce type de device ne laisse pas de place à la décoration et à la surcharge. On simplifie alors la phase de conception web « classique » puisqu’il suffit de réintégrer les fonctionnalités secondaires qui ont été laissées de coté et d’adapter la mise en page. On a ainsi beaucoup plus de chance de concevoir une application web efficace.

Conclusion

Les applications natives ont encore de beaux jours devant elles et elles apportent dans certains cas un très beau plus en terme d’expérience utilisateur.

Je suis persuadé cependant que de nombreuses applications pourraient être remplacées par une application web adaptée.

Le marché et les utilisateurs vont tranquillement arriver à maturité et lorsque le réflexe site « cross-device » sera pris du début à la fin de la chaine (éditeurs, agences, utilisateurs) ont fera un pas important vers un seul et beau web – ouvert et accessible :)

Pour votre prochaine application mobile demandez-vous quand même si un application web ne ferait pas la même chose (en mieux) ;)