De la dispersion des échanges à la décentralisation de l’identité numérique

La sortie de « Google  » est un petit évènement qui à agité les geeks et autres social-media addict pendant quelques jours et si j’ai plutôt un bon feeling avec cette application (je suis tombé amoureux du nouveau design qui est décliné sur tous les services Google) je ne vais pas vous proposer un énième article sur le succès ou l’échec à venir de celle-ci (d’abord parce que comme beaucoup je suis bien incapable de le savoir et tous les scénarios ont déjà été débattus).

La sortie de cette nouvelle application de réseau social remet au premier plan une problématique qui n’est pas nouvelle, la dispersion des contenus et des échanges.

Si l’on reprend un peu l’histoire d’internet, on peut identifier – jusqu’à aujourd’hui – 3 phases.

Au commencement était un réseau d’échange entre universitaires américains. Pour bien aller avec le terme Web 2.0, on pourrait dire que c’était un web en phase de développement, un Web beta. Puis le réseau s’est étendu et démocratisé. On parle de web 1.0 pour désigner cette période où le web était relativement statique, où l’on passait de page HTML en page HTML… Cette époque bénie des « pages persos Voilà » et des GIF animés.

Puis les technologies et les usages ont évolués (pour de multiples raisons) vers ce qui a été appelé le « Web 2.0 » et toutes ses applications d’User Generated Content et de réseaux sociaux. On se trouve donc aujourd’hui avec un nombre très important de blogs (plus ou moins actifs), des sites d’informations qui permettent de commenter leurs articles, et avec plus de profils sur des applications de réseau social qu’il est possible d’en gérer (Facebook, Twitter, Google , Viadeo, LinkedIn, Foursquare…).

J’ai lu quelques part dans un commentaire (et je ne retrouve plus où) l’expression « Brouillard social ». Impactant et plutôt bien représentatif de ce que nous sommes en train de construire. Le « web 2.0 » était facilement représenté par des nuages, ils sont en train de nous tomber sur la tête…

Que l’on cherche à retrouver les commentaires relatifs au contenu que l’on a publié, à un article que l’on vient de lire, ou simplement à suivre les conversations qui nous intéressent, la multitude des lieux rend cette tâche difficile. Chaque acteur – plus ou moins important – arrive avec une solution apportant chacune une approche plus ou moins différente, mais elles sont toutes relativement fermées.

On se trouve donc à devoir gérer autant d’identités qu’il existe de services de réseau social populaire. L’avenir d’internet en tant qu’outil assurant la continuité de nos relations sociales entre virtuel et physique passe par le déploiement d’un standard ouvert de gestion de l’identité numérique. La décentralisation de l’intégralité de mon identité numérique basé sur une adresse email (liste de contact, messagerie instantanée, informations personnelles…) – comme la décrit Ploum par exemple [en] – simplifierais beaucoup la vie des utilisateurs.

L’étape suivante est de parvenir à construire – sur le modèle de l’ambition de Diaspora – un réseau social alternatif et décentralisé qui ferait de ce peuple des internets, non plus des produits vendus aux publicitaires, mais bien des citoyens acteurs d’un monde en mouvement et seuls propriétaires de leur vie numérique. Ploum revient, dans son post sur Google + [fr], sur la sortie de celui-ci en s’inquiétant de l’hypercentralisation qui est le coeur du business-model Google.

Mais comme je viens de le dire précédemment, pour lui cette centralisation de la vie numérique dans le giron Google, s’accompagne d’une accélération de la dispersion des échanges. Bientôt on ne pourra certainement plus dire « tout le monde est sur Facebook » pour justifier le fait de ne pas se préoccuper du développement d’un standard ouvert de gestion de son identité numérique et de ses relations sociales.

Il y a plusieurs solutions envisageables pour tendre vers cet idéal reste à savoir laquelle de ces solutions, pour l’instant confidentielles et confinées aux cercles des geeks initiés à ses problématiques, pourra parvenir à atteindre le grand public.

C’est toujours le problème de ces solutions géniales, elles ont du mal à se rendre suffisamment accessible pour connaitre le succès qu’elles méritent ;)