Vivre au ralenti

Depuis quelques semaine, un peu par choix et beaucoup par la force des choses, ou la force des choses ayant précipité mon choix, ou dans le sens que vous voulez, je vis sans voiture. Je ne vis pas au milieu de la campagne, mais pas non plus à Paris ou dans une grande métropole, ce n’est donc pas une évidence.

Il faut aller au travail, relativement loin, avec des transports en communs plus qu’aléatoire, faire des courses, il faut aller acheter du pain, aller boire un verre, il faut réapprendre à se déplacer au quotidien.

Assez naturellement, j’ai choisit le vélo comme mode de transport principal.

Ce qui donne environ 20km par jour minimum, avec mon rythme de grand-père (oui même à moins de 30 ans) ça fait plus d’une heure par jour sur la route.

Si on oublie les moments où j’essaye de ne pas mourrir sous les roues d’un tracteur, j’ai donc pas mal de temps libre. En commençant à écrire cette note, je l’avais titré “Vivre sans voiture”, mais si ce sujet en lui même mérite un débat de société profond (que l’écologiste en moi sorte de ce corps), c’est la partie d’un tout qui me touche plus : vivre plus lentement dans une société qui veut aller toujours plus vite sans savoir où elle va.

Depuis des années je n’ai vécu que derrière un écran ou derrière un volan. Les rares moments “off” que je m’octroyais en vacances à la campagne, ou avec un livre sur le balcon étaient (sont et seront d’ailleurs) un vrai bonheur. Mais ils restent exceptionnels / non-réguliers.

Ces pauses quotidiennes où je ne peux pas aller plus vite et où je ne peux rien faire qu’attendre d’arriver sont une révélation pour moi. Le concept n’est pas nouveau, mais il me fallait ça pour me l’approprier.

À partir de dorénavant, je vais donc en partie ralentir ma vie, pour en profiter pleinement, pour retrouver le plaisir de m’ennuyer, pour avoir du temps de cerveau disponible pour rester créatif, pour imaginer et inventer.

Concrètement, j’ai pour l’instant deux idées précises, en plus de ma vie sans voiture.

Je vais reprendre la plume (dans un stylo moderne car je n’ai pas de plume d’oie mais j’étudierais peut-être l’idée) et pour communiquer avec mes proches je vais écrire des lettres, sur du papier, que j’enverrai par la poste.

La deuxième chose est beaucoup plus compliquée pour moi. Il s’agirait de me desintoxiquer de l’avalanche d’information que je m’auto-inflige, par twitter, par rss, par la presse en ligne et papier, par la radio et la télé, le monde, mediapart, le grand journal, les trolls, le gorafi, les débats, le petit journal, l’humour, l’infotainment, le …. STOP.

Comme il ne me parait pas possible de passer de beaucoup trop à juste l’indispensable, je vais commencer par tailler dans le surplus petit à petit. Je ne sais pas encore trop comment, ni quoi mais je vais le faire. Il y a trop de bruits autour des informations “essentielles”.

Et après ? Je vais creuser le concept, profiter de mes moments d’ennuis pour trouver des idées pour m’ennuyer encore plus souvent.